Un emploi du temps sur deux semaines existe parce qu'une semaine ne suffit pas toujours à dire ce qu'un établissement enseigne. Certaines matières demandent une heure et demie par semaine. Certaines salles ne se partagent équitablement que sur une quinzaine. Certains enseignants sont répartis sur plus de classes qu'une seule semaine ne peut en contenir.
C'est aussi une promesse, renouvelée à chaque cours en alternance : trente élèves et un enseignant sauront quelle semaine on est. Cet article explique quand cette promesse vaut la peine d'être faite, comment la modéliser, et où elle se rompt le plus souvent.
Ce qu'est réellement un emploi du temps A/B
Deux semaines avec les mêmes jours et les mêmes créneaux. La plupart des cours figurent dans les deux. Quelques-uns n'ont lieu qu'en semaine A, quelques-uns qu'en semaine B, et les deux semaines alternent jusqu'à la fin de l'année. (Un cycle de jours tournant, où « jour 1 » à « jour 6 » ignorent la semaine civile, est une autre structure.)
Quand un établissement en a vraiment besoin
Des volumes horaires non entiers
Le cas le plus net. Si le programme prévoit 1 h 30 par semaine pour une matière et que vos créneaux sont des heures pleines, il n'existe pas de réponse honnête sur une seule semaine. Arrondir au-dessus prend du temps à une autre matière ; arrondir en dessous ne respecte pas le programme. Une heure chaque semaine plus une heure supplémentaire tous les quinze jours donnent exactement trois heures par quinzaine.
Laboratoire, sport ou salle informatique une semaine sur deux
Un établissement qui dispose d'un seul laboratoire bien équipé et de six classes ayant chacune besoin de deux heures de TP n'a pas besoin de six séances doubles chaque semaine — il n'a peut-être de place que pour trois. Trois classes en semaine A, trois en semaine B, et chaque classe a son TP tous les quinze jours. La même logique vaut pour une piscine réservée à l'extérieur ou une salle spécialisée avec un seul technicien.
Des enseignants spécialistes partagés
Un professeur d'éducation musicale ou d'informatique à temps partiel, ou qui enseigne aussi sur un autre site, peut avoir moins de créneaux disponibles que ses classes n'en demandent. L'alternance permet au même enseignant de prendre la 5e A le mardi en troisième heure en semaine A, et la 5e B sur le même créneau en semaine B.
Quand ce n'est qu'un expédient
Les semaines A/B ont un coût permanent : tout le monde lit désormais deux emplois du temps au lieu d'un. Ce coût se justifie pour une raison structurelle ; rarement pour contourner un petit problème.
- Régler un seul conflit. Un conflit isolé chez un enseignant ne justifie pas de passer tout l'établissement en quinzaine. Modifiez une disponibilité, déplacez une carte de cours, ou acceptez un créneau un peu moins bon.
- Masquer une grille trop pleine. Si les heures d'une classe ne tiennent pas dans une semaine, faire alterner une matière fait tenir l'emploi du temps sur le papier — et divise discrètement cette matière par deux. C'est une décision sur le programme, et elle doit être prise comme telle.
- Hériter de la structure de l'an dernier. Les établissements reconduisent souvent les semaines A/B parce que l'emploi du temps de départ en comportait. Demandez à quoi sert chaque cours en alternance. Si personne ne le sait, c'est probablement un vestige.
Un décompte utile : combien de cartes de cours alternent réellement ? Si la réponse est quatre, demandez-vous si quatre cours justifient un second emploi du temps pour tout le monde.
Comment le modéliser dans Bildena
Deux réglages, à deux endroits. Le cycle de semaines de l'établissement est soit normal (semaine unique), soit semaine A/B (cycle de deux semaines). Chaque carte de cours porte ensuite une alternance des semaines : toutes les semaines, semaines impaires ou semaines paires. Les semaines impaires sont la semaine A ; les semaines paires, la semaine B. Les cartes qui n'ont pas lieu chaque semaine affichent leur alternance sous forme de badge, ce qui les rend faciles à repérer dans une longue liste.
Les heures d'une carte sont les heures de la semaine où la carte a lieu. La matière à 1 h 30 évoquée plus haut devient deux cartes :
| Carte | Alternance | Semaine A | Semaine B |
|---|---|---|---|
| Physique-chimie 4e B | Toutes les semaines | 1 | 1 |
| Physique-chimie 4e B (complément) | Semaines impaires | 1 | — |
| Quinzaine | 3 heures, soit 1 h 30 par semaine en moyenne | ||
Un TP tous les quinze jours est une seule carte en semaines impaires ou paires, d'une durée de deux heures. Les blocs se comportent comme dans n'importe quelle autre semaine ; notre article sur les cours doubles et les blocs explique comment ils sont répartis.
Si vous venez d'aSc TimeTables, un fichier sur deux semaines arrive déjà réglé en cycle A/B, avec l'alternance de chaque carte.
Le contrôle préalable repère tôt deux erreurs de modélisation. Des cartes marquées semaines impaires ou paires dans un établissement dont le cycle est encore normal sont signalées comme critiques : sans seconde semaine, ces alternances n'ont rien avec quoi alterner. Et une famille de cartes parallèles qui mélange les alternances reçoit une suggestion : les cartes sont liées au même créneau, mais auraient en réalité lieu des semaines différentes.
Ce que le solveur fait de deux semaines
Notre solveur, conçu spécifiquement pour répartir les cours sur une semaine scolaire, traite un établissement A/B comme deux semaines qui partagent une même grille.
- Les conflits sont vérifiés semaine par semaine. Un enseignant, une classe, un groupe, une salle et — si vous planifiez selon les choix des élèves — chaque élève ne peuvent être occupés qu'une fois par créneau dans chaque semaine. Une carte de chimie en semaine A et une carte de physique en semaine B peuvent partager le mardi en troisième heure, le même laboratoire et le même enseignant. Deux cartes de semaine B ne le peuvent pas, aussi vide que soit ce créneau en semaine A.
- Les trous des enseignants sont comptés par semaine. Un enseignant qui a cours en première heure en semaine A et en troisième heure en semaine B n'a de trou dans aucune des deux semaines. Superposer les deux semaines en inventerait un. Une limite de trous par semaine s'applique à chaque semaine séparément.
- Certaines limites additionnent les deux semaines. Le nombre maximal de cours par jour d'un enseignant compte un cours de semaine A et un cours de semaine B sur le même créneau comme deux. C'est une approche prudente, mais une limite journalière très serrée peut laisser un emploi du temps moins rempli qu'il ne pourrait l'être.
La même prudence vaut pour le total d'heures par classe dans le contrôle préalable : il additionne actuellement les heures de semaine A et de semaine B, comme si les deux avaient lieu chaque semaine. Pour la plupart des classes, c'est une marge sans conséquence. Une classe remplie jusqu'à la limite de la grille peut en revanche recevoir un avertissement alors que chaque semaine, prise isolément, passerait.
Les trois pièges
1. Des semaines confondues
Le plus grand risque n'a rien à voir avec l'emploi du temps lui-même. Décidez, par écrit, ce que signifie « semaine A ». Les semaines civiles impaires ? La première semaine après chaque période de vacances ? Après des vacances d'une durée impaire, ces deux définitions divergent, et la moitié de l'équipe suit l'une pendant que l'autre moitié suit l'autre.
Puis communiquez la réponse : la liste des dates des semaines A et B pour toute l'année, et la lettre de la semaine sur chaque emploi du temps imprimé ou partagé. Une grille qui montre deux cours dans un même créneau sans dire à quelle semaine appartient chacun est le moyen le plus rapide de faire attendre une classe devant la mauvaise salle.
2. Des conflits qui n'existent qu'en semaine B
Un emploi du temps généré est vérifié dans les deux semaines. Le danger vient après, quand quelqu'un déplace un cours à la main en regardant la semaine A. La salle est libre, l'enseignant est libre — en semaine A. Dans un établissement en semaines A/B, avant de publier toute modification manuelle, regardez aussi l'autre semaine.
3. Une charge inégale entre les semaines
Les heures de chaque carte sont fixes : la charge de chaque semaine se décide donc au moment où vous attribuez les alternances, pas au moment de la génération. Le solveur ne peut pas déplacer une heure de la semaine A vers la semaine B.
Un exemple : la 4e C a 28 heures chaque semaine, plus trois cartes en semaines impaires et une en semaines paires. La semaine A compte 31 heures, la semaine B 29. Un enseignant dont toutes les cartes en alternance tombent en semaines impaires vit, toute l'année, une quinzaine faite d'une semaine chargée et d'une semaine légère.
La solution se trouve dans les données. Associez les cartes en alternance de sorte que, pour chaque classe et chaque enseignant, ce qui a lieu en semaine A trouve à peu près son équivalent en semaine B. Totalisez les heures par semaine avant de générer ; cela vous épargnera la discussion d'octobre.
En résumé, honnêtement
Les semaines A/B sont le bon outil quand le programme, les salles ou les effectifs d'enseignants ne tiennent vraiment pas dans une semaine. Elles sont le mauvais outil pour faire paraître facile une semaine difficile. Le solveur gère correctement deux semaines ; le plus dur est de s'assurer que les personnes qui lisent l'emploi du temps en font autant.
Dans Bildena, le cycle de semaines est un simple réglage de l'établissement et chaque carte de cours porte sa propre alternance : essayer les semaines A/B sur quelques cours prend quelques minutes, pas une reconstruction complète.