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Pratique

Répartir équitablement les surveillances — et pouvoir le montrer

Ce qu'il faut trancher avant d'affecter qui que ce soit, quels enseignants peuvent réellement couvrir quelle récréation, que faire des temps partiels, et pourquoi l'équité se compte au lieu de se ressentir.

SurveillancesÉquitéCharge de travail

L'emploi du temps mobilise des semaines d'attention. Le tableau des surveillances, lui, se construit souvent en un après-midi, une fois l'emploi du temps terminé, par la personne à qui la tâche est tombée dessus — et c'est le document qui finit le plus souvent affiché en salle des professeurs avec un nom entouré au stylo.

Un tableau de surveillances n'est pas difficile à construire. Il est facile à mal construire : il peut sembler raisonnable et envoyer malgré tout les six mêmes collègues dans la cour chaque semaine. Cet article s'adresse à la personne qui le construit.

Décidez d'abord ce qu'est une surveillance

La plupart des établissements pratiquent deux types de surveillance et leur donnent le même nom :

TypeExempleUnité naturelle
Responsabilité sur la journéeCouloir du premier étage le mardi — l'enseignant fait ses cours, mais reste le référent de cet étage toute la journéeUne surveillance par jour
Une récréation préciseCour à la deuxième récréation, cantine à la pause méridienne — quelqu'un s'y tient physiquementUne surveillance par récréation

Mélanger les unités fausse l'équité sans qu'on s'en aperçoive. Un enseignant assure trois récréations, toutes le mardi ; un autre en assure une le lundi, une le mercredi et une le vendredi. Comptés en jours, le premier a une surveillance et le second trois. Comptés en récréations, ils sont à égalité — ce qui est la réalité. Notez par écrit, pour chaque zone, l'unité qui s'applique.

Partir du bâtiment, pas de la liste du personnel

Recensez les lieux qui demandent une surveillance — cour, couloirs, cantine, arrêt de bus — et répondez pour chacun à quatre questions :

  • Combien de personnes ? Une grande cour peut en demander deux ; un couloir, une.
  • Quels jours ? Un vendredi court n'a peut-être pas de pause méridienne.
  • Toute la journée, ou quelles récréations ? La cantine compte à midi et jamais ailleurs.
  • Le surveillant doit-il être libre ? Quelqu'un qui se tient dans la cour ne peut pas être en cours au même moment. Le référent d'un étage, en général, si.

Puis faites le calcul. Un établissement fictif : deux surveillants dans la cour à chacune des deux récréations, un dans chacun des deux couloirs aux mêmes récréations, deux à la cantine à midi, cinq jours par semaine. Cela fait 20 + 20 + 10 = 50 surveillances par semaine. Avec 60 enseignants dont 8 dispensés, 52 personnes se partagent 50 surveillances — un peu moins d'une chacune.

Les dispenses ont un coût. Chaque personne retirée du tableau augmente la part de toutes celles qui restent. Gardez la liste courte, consignez les motifs et publiez-la avec le tableau.

Qui est réellement dans l'établissement ?

La disponibilité pour une surveillance découle de l'emploi du temps, pas de la liste du personnel. Un enseignant dont le mardi s'arrête après la troisième heure ne peut pas surveiller la pause de midi. Un enseignant à temps partiel qui ne vient pas le jeudi ne peut rien assurer ce jour-là.

Une règle qui fonctionne : un enseignant est disponible d'un peu avant son premier cours de la journée à un peu après son dernier. Les trous entre les deux comptent comme présence — personne ne quitte l'établissement entre deux cours, et un trou est l'endroit le plus naturel pour une surveillance. (Notre article sur les trous des enseignants et les trous des classes explique pourquoi ils existent.)

Conséquence : d'abord l'emploi du temps, ensuite les surveillances. Si le tableau doit sortir plus tôt, indiquez qu'il est provisoire et refaites-le une fois l'emploi du temps stabilisé.

Placer les gens là où ils sont déjà

Un enseignant qui a cours avec la 5e B au premier étage le mercredi est le choix évident pour la surveillance du couloir du premier étage ce mercredi-là. Celui qui doit traverser tout l'établissement pendant une récréation d'un quart d'heure a passé sa récréation à marcher.

La proximité est un bon critère pour départager, et un mauvais principe de base. Trop pondérée, elle attribue à l'enseignant dont tous les cours sont au premier étage toutes les surveillances de cet étage. L'équité d'abord, la proximité ensuite.

Temps partiels et obligations de service

« Tout le monde en fait autant » est facile à vérifier, mais pas équitable par nature : un enseignant à mi-temps qui assure autant de surveillances qu'un collègue à temps plein surveille deux fois plus au regard de son temps de travail. Beaucoup d'établissements allègent donc les surveillances des temps partiels, et à certains endroits des textes réglementaires ou des accords internes en fixent les modalités — vérifiez ce qui s'applique chez vous. Les approches courantes :

  1. À parts égales par personne. Facile à vérifier, facile à contester.
  2. Au prorata du service. Plus juste sur le papier ; il faut une règle d'arrondi, car une surveillance ne se divise pas.
  3. À parts égales, avec un plafond pour les temps partiels. Un compromis pragmatique.

Certains établissements décomptent en plus les surveillances du service d'enseignement. Quel que soit votre choix, convenez de la règle et mettez-la par écrit avant que quiconque voie des noms dans le tableau. Une règle adoptée après les réclamations ressemble à une concession, pas à un principe.

Mesurer l'équité, pas la ressentir

L'équité ressentie n'est pas fiable. Un matin pluvieux de janvier dans la cour pèse plus lourd dans la mémoire que trois surveillances de couloir tranquilles ; chacun se souvient de ce qu'il a fait, pas de ce qu'ont fait les autres ; et la personne qui construit le tableau fait elle aussi partie des collègues.

Alors comptez. Une fois le tableau esquissé, dressez la liste de tous les enseignants qui y figurent avec leur nombre de surveillances dans l'unité convenue, triée, et regardez quatre choses :

  • L'écart entre le nombre le plus élevé et le plus bas. Il doit rester faible.
  • Toutes les personnes au-dessus de la part équitable — total des surveillances divisé par le nombre de personnes au tableau, ajusté selon votre règle pour les temps partiels. Chacune doit avoir une raison, le plus souvent la disponibilité.
  • Toutes les personnes à zéro — soit une dispense qui a sa place sur la liste, soit quelqu'un qui est passé entre les mailles de la disponibilité.
  • Les créneaux vides. Une récréation que personne ne peut couvrir est plus urgente qu'une répartition légèrement inégale.
Publiez le décompte avec le tableau. Un tableau de noms et de nombres répond à la plupart des réclamations avant qu'elles ne soient formulées, et les autres portent sur un nombre précis — une conversation que l'on peut réellement avoir.

Comment Bildena planifie les surveillances

Dans Bildena, la planification des surveillances est une étape distincte. Elle lit l'emploi du temps en vigueur et ne le modifie jamais — aucun cours n'est déplacé pour améliorer le tableau des surveillances.

Ce que vous définissez. Des zones de surveillance, chacune avec le nombre d'enseignants nécessaires, les jours où elle est tenue, et le fait qu'elle couvre toute la journée ou seulement certaines récréations (reprises de vos horaires de sonnerie). Une zone peut indiquer les salles qu'elle couvre et exiger un surveillant qui n'est pas en cours à ce moment-là. Pour chaque enseignant, vous pouvez poser une dispense, qui le retire entièrement des candidats, ou un plafond hebdomadaire.

Qui est candidat. D'une heure de cours avant le premier cours de la journée à une heure de cours après le dernier, trous comptés comme présence. Sans emploi du temps, tout le monde est considéré comme disponible : on peut ainsi esquisser un tableau en début d'année et relancer la répartition plus tard.

Ce qui est arbitré. Notre solveur, réglé spécifiquement pour répartir cours et surveillances sur une semaine scolaire, suit un ordre de priorités fixe :

  1. Pourvoir chaque créneau. Un créneau impossible à pourvoir reste vide et est signalé, au lieu de faire échouer toute la répartition.
  2. Ne placer personne au-dessus de la part équitable : total des surveillances divisé par le nombre de candidats. C'est une préférence forte, pas une règle stricte — si la disponibilité est mince un jour donné, mieux vaut une surveillance de plus pour quelqu'un qu'un créneau vide.
  3. Confier une zone à la journée à une seule personne pour toute la journée, plutôt que de la partager entre trois.
  4. Réduire l'écart entre l'enseignant le plus chargé et le moins chargé.
  5. Privilégier les enseignants qui ont cours ce jour-là dans les salles de la zone.

Une zone à la journée compte une fois par jour, une zone de récréation une fois par récréation. Le plafond hebdomadaire d'un enseignant n'est jamais dépassé.

Ce que vous gardez en main. Le résultat s'affiche dans un tableau avec les jours en lignes et les zones en colonnes. Faites glisser un enseignant ailleurs ou choisissez quelqu'un pour un créneau vide ; le sélecteur affiche le nombre actuel de surveillances de chaque enseignant et s'il a cours à proximité, et grise ceux qui sont déjà de surveillance ce jour-là. Tout ce qui est placé à la main est épinglé et reste en place lors de la répartition suivante. En dessous, un récapitulatif liste le décompte de chaque candidat et indique combien n'en ont aucune ; le planning s'exporte en PDF ou en Excel, avec ce récapitulatif en dessous.

Ce qu'il ne fait pas. La part équitable est la même pour tous les candidats : Bildena ne proratise pas aujourd'hui les surveillances selon la quotité de service ou la charge d'enseignement, et l'ordre des priorités ci-dessus n'est pas réglable. Si votre établissement a décidé que les temps partiels assurent moins de surveillances, vous l'exprimez aujourd'hui par un plafond hebdomadaire pour chacun d'eux.

Une courte liste de contrôle

  1. Fixer l'unité de chaque zone : par jour ou par récréation.
  2. Lister les zones avec le nombre de personnes, les jours, et journée entière ou récréations précises.
  3. Convenir par écrit de la liste des dispenses et de la règle pour les temps partiels.
  4. Construire l'emploi du temps avant les surveillances — ou marquer le tableau comme provisoire.
  5. Esquisser, puis compter : écart, au-dessus de la part, à zéro, créneaux vides.
  6. Publier les décomptes avec les noms.

Rien de tout cela ne rend les surveillances populaires. Cela les rend défendables, ce qui est le mieux qu'un tableau de surveillances puisse raisonnablement viser.


Dans Bildena, les zones de surveillance se définissent à côté des salles, et le tableau des surveillances a son propre écran à côté de l'emploi du temps — il lit l'emploi du temps et laisse chaque cours à sa place.

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